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Accueil > Librairie > Interviews > Interview d’Élisabeth Gaertner à l’occasion de la parution d’Anesthésie en chirurgie orthopédique et traumatologique

 

Interview d’Élisabeth Gaertner à l’occasion de la parution d’Anesthésie en chirurgie orthopédique et traumatologique (Arnette, septembre 2010)

Sous la direction d’Élisabeth Gaertner

Il n’existait, avant cet ouvrage collectif, aucun livre consacré à l’anesthésie en orthopédie et traumatologie : comment expliquer une telle absence ?

L’orthopédie a ceci de particulier qu’elle est présente partout, dans tous les sujets… Il est vrai qu’il n’existait pas de livre spécifique sur la question, et cela s’explique par le fait que ce sujet est traité – quoique parfois partiellement – dans de nombreux autres livres. On pouvait donc aborder le sujet au travers de diverses lectures, comme une question transversale aux thèmes d’anesthésie-réanimation.

Nous devions réfléchir à un livre de synthèse : mis à part les pathologies, l’orthopédie ne présente pas de caractéristiques strictes. Et je précise que peu d’anesthésistes pratiquent exclusivement l’orthopédie… alors que tout le monde en fait ! Nous voulions donc répondre à une curiosité générale.

Le livre est construit en près de 50 chapitres et autant d’auteurs : comment avez-vous échafaudé une telle somme ?

Je me suis posé des questions simples : lors de mes gardes, quels sont les cas qui se présentent ? À quels problèmes me faut-il faire face ? Quelle est la place de l’orthopédie dans ma pratique et comment s’y invite-t-elle ? Nous avons ensuite bâti le sommaire en redistribuant ces questions : généralités, terrain, pathologies les plus courantes… Le plan s’est imposé comme la transcription de nos besoins professionnels.

J’ai ensuite voulu confier la rédaction à une équipe très largement constituée, ouverte à l’Afarcot, à l’ARLF, aux spécialistes… Chacun avait une compétence sur le sujet qui lui était confié, c’est ce qui permet la grande transversalité du livre.

 
 
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Quelle est la spécificité de la prise en charge anesthésique du patient et du blessé ostéo-articulaire ?

Il faut d’abord remarquer que nous n’avons presque pas abordé la question de la pédiatrie dans le livre : l’enfant serait l’objet d’un livre à part entière ! Nous nous sommes concentrés sur le sujet adulte et âgé (voire très âgé avec le grand vieillard) : l’âge adulte suppose des prises en charge et des traitements spécifiques, par exemple pour les pathologies rhumatismales.

Dans sa préface, Pascal Boileau cite cinq difficultés majeures dans la prise en charge en orthopédie et traumatologie : la prise en charge de la douleur peropératoire et postopératoire ; la prévention du risque infectieux (à laquelle j’ajoute la compréhension des pathologies sous-jacentes) ; la prévention des risques de thrombose vasculaire et d’embolie graisseuse ou gazeuse ; l’anticipation du risque hémorragique ; enfin, l’appréhension des conséquences possibles de l’ambulatoire et de l’hospitalisation courte.


C’est un chirurgien qui a signé (avec enthousiasme !) la préface du livre : à quand un livre « à 4 mains » où chirurgiens et anesthésistes partageraient leurs compétences sur un sujet commun ?

C’est un sujet qui me tient à cœur ! De plus en plus, chirurgiens et anesthésistes s’intéressent à ce qui se passe de l’autre côté du champ opératoire : chacun doit suivre le développement des techniques et l’évolution du métier de son confrère. Il y aurait fort à faire dans l’échange des points de vue et des compétences.

Mais, plus largement, je plaide pour une prise en charge et une approche pluridisciplinaires : nous sommes nombreux à travailler autour du patient. Internistes, infectiologues, hémobiologistes, kinésithérapeutes… tous apportent leurs compétences. Et grâce à l’amélioration de techniques de moins en moins invasives et au développement de l’ambulatoire, il faudrait aussi commencer à travailler avec les réseaux de médecins de ville…

Propos recueillis par Emmanuelle Lionnet, responsable éditoriale aux éditions Arnette   Pour en savoir plus
Mise en ligne octobre 2010