Parmi les récentes nouveautés en matière d’anesthésie locorégionale (ALR), il convient de citer le TAP bloc, ou bloc du plan abdominal transverse. Une excellente revue de la littérature est proposée dans ce numéro par Chassery et al. [1]. Quelle que soit la chirurgie (digestive, urologique, obstétricale.), ce bloc est proposé essentiellement à visée analgésique.
Il a été initialement décrit par une injection à l’aveugle au triangle de Petit et l’avènement des techniques ultra-sonographiques a participé à son essor. En effet, la visualisation des différents plans musculaires de la paroi abdominale permet une optimisation du positionnement de l’aiguille et une injection adéquate de l’anesthésique local entre les muscles transverse et oblique interne.
Il est cependant intéressant de noter le faible nombre d’articles publiés dans la littérature médicale comparant la réalisation de ce bloc sous échographie aux techniques à l’aveugle. Certes, une lettre à la rédaction a souligné l’intérêt du repérage échographique pour s’affranchir des variations anatomiques [2]. La question de prouver l’intérêt de l’échographie peut, toutefois, paraître saugrenue dans cet abord, tant cela semble évident après seulement quelques tentatives. Il n’en est pas moins vrai que le concept d’evidence-based medicine (médecine fondée sur les preuves) a du mal à s’appliquer avec ce bloc.
Un second point de discussion peut porter sur la place du bloc ilio-inguinal (II) et ilio-hypogastrique (IH). Ici encore, le développement du repérage échographique a montré ses avantages par rapport à la ponction à l’aveugle, notamment dans le cadre de la pédiatrie [3]. Cependant, la place du bloc II-IH et du TAP bloc reste souvent source d’échanges nombreux et variés.
Il paraît important de rappeler ici les différences de terminologie entre ces deux techniques, afin d’éviter toute confusion. Le bloc II et IH est un bloc tronculaire comme au membre supérieur ou inférieur. L’objectif consiste à injecter l’anesthésique local directement au contact des deux nerfs ou à proximité. Le TAP bloc ne correspond pas à un bloc au même sens du terme. Il désigne un espace de diffusion dans lequel l’anesthésique local va atteindre différents nerfs, dont les nerfs II et IH. Ainsi, l’injection de l’anesthésique local entre les muscles transverse et oblique interne, à l’aide du repérage échographique, est à la fois un TAP bloc et un bloc II et IH lorsque les deux nerfs sont visualisés. C’est ainsi qu’il existe, comme le souligne l’article de Chassery et al., plusieurs TAP blocs selon le point d’insertion de l’aiguille et le positionnement de la sonde d’échographie (postérieur, sous-costal.). Dans tous les cas, l’anesthésique local est injecté dans cet espace de diffusion. Parler de TAP bloc peut engendrer une certaine confusion. Il conviendrait donc à chaque fois de préciser à quel TAP bloc il est fait allusion. |
Références
[1] Chassery C, Fuzier V, Cornut A, N’Guyen L, Costecalde M, Hesbois A, Lourmière M.
Bloc du plan abdominal transverse. Webanesthésie 2010;4:10025.
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[2] Walter EJ, Smith P, Albertyn R, Uncles DR.
Ultrasound imaging for transversus abdominis blocks. Anaesthesia 2008;63:211.
[3] Weintraud M, Marhofer P, Bosenberg A et al.
Ilioinguinal/iliohypogastric blocks in children: where do we administer the local anesthetic without direct visualization? Anesth Analg 2008;106:89-93.
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